Recherche

Occulture

Occultisme, nouvelles religions, cultures et identités

Élections américaines, « post-verité » et occulture

8-1

Dans un article précédent, je présentais l’idée, soutenue notamment par le sociologue Christopher Partridge, suivant laquelle il existerait dans notre culture contemporaine un phénomène de dissémination, d’influence croissante et de recomposition continue d' »idées spirituelles, ésotériques, paranormales ou conspirationnistes », qu’il a choisi de nommer « occulture », reprenant un néologisme forgé par l' »ésoterroriste » Genesis P’orridge, et qui tend à les intégrer à la culture dominante et à les rendre plus acceptables.

Les récentes élections américaines, entre autres caractéristiques uniques, offrent plusieurs exemples de ce qui s’apparente à une irruption d’idées et de discours explicitement occulturels dans l’opinion mainstream.

Petite liste non exhaustive:

Lire la suite

Le marché du sataniste converti au christianisme.

363510

Pour votre édification personnelle, je vous présente aujourd’hui deux émouvants parcours de rédemption… en apparence, tout du moins.

Lire la suite

L’ésotérisme vu par les sciences humaines et sociales 1: qu’est-ce que l’ésotérisme?

51a6e2b4mh0l-_sx322_bo1204203200_

Ce billet inaugure une série consacrée au résumé de Western Esotericism: A Guide for the Perplexed (Bloomsbury Academic, 2013), de Wouter J. Hanegraaf, professeur d’histoire de la philosophie de l’hermétisme et des courants affiliés à l’université d’Amsterdam. Si vous vous demandez pourquoi s’intéresser à l’ésotérisme, quand on n’est pas nécessairement emballé par la magie, les pratiques divinatoires et les spiritualités alternatives, et qu’on n’est membre, ni d’une société initiatique, ni d’une nouvelle religion, ce livre me parait une bonne porte d’entrée, parmi d’autres.

Les lignes qui suivent portent sur le premier chapitre, « What is Western Esotericism?« , qui après un bref rappel critique des différents modèles d’interprétations de l’ésotérisme adoptés jusqu’ici par les universitaires qui travaillent sur ce sujet, décrit l’approche choisie par Hanegraaf, et explique pourquoi il a décidé de se démarquer de chacun d’entre eux.

Lire la suite

Qu’est-ce que l’occulture?

i-want-to-believe-x-files-ufo

« Occulture » est un néologisme formé par l’artiste contre-culturel Genesis P’orridge à la fin des années 1970, à partir de la contraction des mots « occult » et « culture« ,  et repris et reformulé comme concept sociologique par Christopher Partridge, un professeur de l’université de Lancaster, spécialisé dans l’étude des cultures populaires et des spiritualités alternatives,  dans son livre The Re-Enchantment of the West (2004/2005).

 

Le site de l’éditeur présente de la manière suivante le contenu de ce livre (que je n’ai pas encore lu): « après avoir résumé la thèse de la sécularisation, selon laquelle l’Occident devient de plus en plus « désenchanté » », Partridge se livre à « une analyse sociologique des nouvelles religions et des spiritualités alternatives ». Il soutient, « contre certains sociologues tels que Bryan Wilson et Steve Bruce », que « loin d’être insignifiantes, ces nouvelles formes de spiritualités constituent un aspect important du ré-enchantement de l’Occident ». Selon lui, « l’Occident est pénétré par une vaste « occulture », c’est-à-dire un réservoir d’idées, de croyances, de théories et de pratiques, sur lequel les nouvelles religions, les spiritualités non orthodoxes, le cinéma et la musique populaire ne cessent d’attirer l’attention ». « Ce ré-enchantement de l’Occident ne devrait pas être perçu comme un développement superficiel et secondaire dans l’ombre du christianisme. Il constitue à bien des égards un phénomène religieux à part entière ».

Lire la suite

« Je suis l’Autre, le Diable, le Vampire, la Sorcière! »: de l’attribution à l’identification.

51u2switqxl-_sx327_bo1204203200_

Un des traits les plus frappants de l’occulture, et l’un des plus troublants pour les observateurs extérieurs, réside dans l’auto-identification de certains de ses acteurs à des catégories discursives connotées jusqu’alors négativement et/ou imaginaires. Ainsi, dès la fin du 19ème siècle, mais surtout dans le sillage de l' »occult revival » des années 1960, des individus et des communautés ont affirmé être des « satanistes », des « sorcières », ou encore, un peu plus récemment, des « vampires » ou des « loup-garous ».

La tentation est grande, soit de les considérer comme des fous en marge de la société et dénués de toute espèce d’intérêt ou d’importance, soit de les juger à l’aune des connotations fortement négatives qui sont traditionnellement associées à ces catégories auxquelles ils s’identifient. Lire la suite

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑